Vers 7 heures du matin, les couinements et autres grincements metalliques qui ont accompagnes notre nuit s'arretent. Non, le bus n'a pas finalement rendu l'ame, nous sommes simplement arrives au petit poste frontiere Perou-Bolivie qui borde le lac Titicaca. Le soleil est au rendez-vous - comment pourrait-il ne pas l'etre a 3800m d'altitude ? - mais l'air est glacial. Il nous faut attendre 8h, heure d'ouverture des bureaux des services de l'immigration, alors nous allons claquer nos derniers nuevos soles dans un petit-dejeuner bien merite.
De l'autre cote du pont, en Bolivie, la journee semble deja avoir commence ; normal, il y est une heure de plus, nous disons-nous. Mais ce qui l'est moins est le nombre de locaux qui traversent le pont sans controle ni meme un regard des militaires. Il en sera de meme pour nous, les formalites douanieres etant finalement avalisees par le sacro-saint tampon d'entree dans un autre poste-frontiere situe une dizaine de kilometres plus loin.


Vue du poste-frontiere.

Le changement de pays n'est pas de suite flagrant. Mais au bout d'une centaine de kilometres, il nous faut bien reconnaitre que ce pays est autrement plu bordelique que son voisin peruvien ! Apres avoir peniblement franchit un dernier col d'altitude a 4000 metres, nous decouvrons au detour d'un lacet la capitale bolivienne dans une immense cuvette. Les maisons en brique s'etendent a perte de vue sur les collines, tandis qu'au milieu de hauts building dessinent comme le centre de La Paz.
A l'arrivee a la gare routiere, la ville semble autrement plus paisible que ses voisines peruviennes, en tout cas avec ses touristes. Pas de chauffeur de bus pour t'agresser, ni de rabatteur pour te pousser de force dans un bus qui ne va meme pas ou tu veux aller. Nous profitons de quelques heures tranquilles pour peaufiner la suite de notre periple et regler quelques problemes urgents ; manger viendra en premier, appeler notre oncle medecin en France pour une consultation a distance ensuite. Il nous donnera ainsi un rapide diagnostic concernant l'allergie facon urticaire geant du Manu, qui n'a de cesse d'aller et venir au rythme des medicaments que le malheureux avale depuis 24h.


        Autochtone.

La Paz est une ville trop grande pour y decouvrir la Bolivie. Nous lui preferons une petite ville sans histoire, Oruro, situee en plein milieu de l'Altiplano. Le temps de quelques heures que dure le trajet en bus, nous retrouvons les paysages deja croises de la pampa andeenne, sur fond de soleil couchant. Il fait nuit lorsque nous arrivons dans la petite ville. Pas un touriste dans la petite gare routiere, c'est plutot bon signe ! Le taxi qui nous emmene vers le centre nous informe que demain il sera impossible de quitter la ville pour cause de journee pietonne. manu et moi nou regardons incredules : "quoi, ce genre de truc existe meme par 4000 m d'altitude, meme en plein desert ??" Peu importe, nos premieres impressions semblent comme confirmees, Oruro est une petite ville sans histoire ou il fait bon vivre et se promener, loin des usines a touristes vers lesquelles nous nous dirigeons de nouveau.

Avant de refermer ce billet, il me faut tout de meme vous faire part de notre probleme du jour, qui viendra de l'introduction d'une nouvelle devise dans notre comptabilite. Le peso chilien avait ete tres simple a assimiler, puisque le hasard des taux de change fait que mille pesos font tres exactement dix de anciens francs. Au Perou, la manipulation s'etait deja un peu corsee, d'autant que nous retirons directement aux distributeurs, donc sans idee aucune du taux de change pratique ; nous etions tout de meme arrives a etablir qu'un nuevo soles - nouvelle monnaie devaluee - equivaut a presque deux francs. Mais a la fin de notre sejour peruvien, il nous faut de nouveau des liquidites et nous decidons de changer de tactique ; puisque les distributeurs nous le proposent, nous prendrons cette fois des dollars americains, que nous changeons dans la rue, non sans une etude scrupuleuse des taux pratiques. C'est donc avec de jolis billets verts que nous arrivons en Bolivie et que nous peinons a trouver le bon moyen mnemotechnique pour calculer le prix de nos achats. Ce d'autant plus que nous raisonnons avec des dollars americains achetes au Perou a convertir a la fois en euros et en bolivianos, et dont nous essayons de nous faire une idee en francs - enfin, vous avez compris quoi !