Micro voyage...
Par Manu, lundi 22 août 2005 à 14:01 :: Le periple en blabla :: #9 :: rss
Cette petite description s'etend sur trois jours : elle met le doigt sur notre besoin de rebondir, meme apres un echec.. qui nous fera bien rire.
Passant la journee a Chiu-Chiu, petite oasis perdue a 10 kilometre de Calama, nous poursuivons notre reflexion quant a la possible location d'une Fiat Uno grise, essayee la veille au soir. Cette possible decision entraine certes un cout important - essence - mais est legitime par notr ebesoin d'aventures et de liberte.
A bulletins fermes, les menbres de l'aventure BeneMa votent a l'unanimite cette croisiere routiere. Marcelo, ami-entrepreneur de Marcelo et Rosalio, est contacte le soir meme : le rendez vous est pris le lendemain matin sur le parking de notre cher Mall, lieu par excellence de la consommation. Accompagne d'un ami, Marcelo nous confie sa voiture le temps qu'il aille faire assurer la voiture tout risques, et qu'un notaire nous delivre une autorisation de sortie de territoire ! En effet, la croisiere n'est interessante qu'a condition d'en profiter pour explorer les profondeurs du Perou et de la Bolivie - L'Argentine necessitant une autorisation speciale.
Le pret d'une voiture pour la journee est l'occasion revee pour aller visiter Chuquicamata, une ville qui s'est creee autour de smines de cuivre. Le cuivre est en effet la premiere richesse nationale, dont les mines sont largement monopolises par Codelco, l'entreprise national Chilienne. C'est une ville-fantome qui s'ouvre a nous, la seule attraction est de poser contre ces camions qui vident les mines de la terre epuree de cuivre..... et mesurent une dizaine de metres de haut ! nous, pauvres fourmis, n'arrivons qu'au tiers du pneu.. 
De retour a la casa de Rosalio et Marcelo, il s'agit de s'organiser pour l'heure de notre depart : Voulant profiter de la nuit pour rouler direction Arica - ville frontiere du Perou - , nous decretons a 20 ou 21 heures le debut du relais nocturne. Officiellement pour notre loueur, le pret commence le lendemain matin, la ruse consistant a ne pas reduire le prix de la location, mais de gagner en heures.
21.00. Nous partons, en compagnie d'une nuit sombre et d'un manu chao plus que bienvenue pour participer au relais ! Delaissant a notre droite Chuquicamata, nous empruntons un chemin serpenteux et sombre qui nous conduit dans une zone montagneuse. De nuit, tout est different : la perception des choses, la vitesse, etc...
Ces quelques details ne nous font pas peur, et dans un commun accord nous decidons de voir ce que la voiture a dans le ventre. la tenue de route en ligne droite est bonne - phrase sans interet pour l'instant, je l'avoue - , et ses 9000 kilometres au compteur sont une tres bonne motivation de lui montrer la durete de la vie.
Dans un virage a 100 km/h, j'ai l'impression soudaine que la voiture n'est pas bien equilibree, car la tenue de route n'est pas au rendez vous. Ayant deja eu l'occasion de tester la conduite de Ben dans nos nombreux rallyes dans Ormoy, je fait silence sur mon impression : la confiance est la.
Et Bam ! alors que nous nous precipitons dans un virage a gauche (80 km/h, je vous rassure ), la voiture ne veut plus lecher la route, et se decide a sortir !! nous sautons quasiment les 2 metres menant au terre-plein au bord de la route. Pas un cri, pas un mot, seulement une activite cerebrale en surchauffe, donnant cette impression que l'accident dure des heures. la question la plus presente dans mon esprit : " va t-on s'arreter avant ou dedans les flancs de la montagne ? "
Finalement, la voiture se stope a quelques metres du flanc dans une poussiere monstre. on se regarde, sans oser sortir, de peur de constater. je me decide a aller voir l'avant de la voiture. Le pneu avant droit est creve, et la jante est litteralement pliee en deux. bah... y'a pas mort d'homme ! en montant la roue de secours, nous nous apercevons que le triangle de direction de la roue droite est endommage car la roue touche avec son axe la tole de la voiture. on remet doucement les voiles, tout en entendant a l'avant droit de la voiture un ensemble de pieces creant leurs espace de liberte...
Les deux prochaines heures a 60 km/h sont consacres a l'elaboration de la suite du voyage. Certes, nous nous voyons pas continuer jusqu'au Perou a bord de cet engin du diable, mais il faut essayer tout de meme d'atteindre Tocopilla, sur la cote pacifique et a deux voire trois heures de la..et de trouver demaim matin un garage competent.
Nous garons la voiture a une vingtaine de bornes au nord de Tocopilla dans un terrain vague, surplombant la mer de quelques centaines de metres. La crainte des chiens sauvages nous pousse a dormir dans la voiture, en faisant le vide dans nos tetes.
au petit matin, le soleil leche ma figure, m'affligeant cette chaleur ecoeurante des le lever. Nous longeons la cote pacifique jusqu'a Tocopilla. Le garagiste specialise dans les pneus Good Year nous dresse un bilan mitige :
1. Le pneu n'est pas creve, simplement degonfle par la jente tordue en deux.
2. Une barre du triangle de direction est completement tordue. Vu sa forme, elle aura bientot le nouveau prenom de "Banane".
3. Le seul garage competent pour changer la banane se trouve a Arica, a l'extreme nord du Chili. soit environ... hum... 20 heures a 60 km/h !
Autour d'un petit dej frugal, nous prenons la decison de retourner a Calama, la queue entre les jambes, enfin de rendre la voiture a Marcelo. Il reste cependant un detail a regler : le deroulement de l'accident ! trop honteux de notre sortie de route,nous cherchons un coupable.. nous nous rappellons l'histoire d'un cousin qui a eu une histoire semblable a cause d'un chat. Le scenario est vite trouve :
En arrivant ce matin aux abords de Tocopilla, un malheureux chien traverse la route. Notre amour des chiens - bien connu de tous - nous oblige a precipiter la voiture contre un gros rocher, qui, en l'espace de quelques secondes, ne fait plus qu'un avec la roue avant droite.
Dites moi, vous connaissez encore beaucoup de gens risquant leurs vies pour un chien a part nous ? 
De retour sur les lieux du crime, nous analysons fierement le lieu de notre premier accident de voiture.. ah la la, que d'emotions ! en cherchant bien, nous retrouvons les pieces du puzzle "Enjoliver" ! Marcelo serait degoute de voir notre fierte et nos rires ! l'autoderision guerit bien des blessures..
Nous passons en vitesse rendre les affaires a Rosalio, cette derniere explosant de rire rien qu'a notre vue. Pas la peine d'expliquer en detail, nous lui invitons une nuit passee a cote d'ici et testons la veracite de notre scenario. avec reussite.
L'attente de Marcelo s'effectue sur le parking du Mall, tandis que nous sommes affaire a rendre la voiture un minimum propre. Nous mettons nos costumes de theatres, nos mines tristes de clowns battus, et expliquons l'affaire a Marcelo. Personne sympathique, il s'inquiete avant tout de notre etat physique; l'attention touche. Nous nous sommes souvent poses la question sur ce qui allait le degouter le plus : passer a cote de 150 euros ? ou retrouver sa voiture ravagee ? on aurait du lui poser la question, avant de prendre la tangente en bus..... direction El Perou !
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