A l'unique entree de la cite, un militaire veille scrupuleusement a l'entree des vehicules - Manu le verra meme dans son retroviseur hurler dans sa CB en nous regardant alors que nous venons d'entrer. Il faut savoir que la mine de Chuquicamata est la mine de cuivre a ciel ouvert la plus importante au monde, et que symetriquement, le cuivre est la premiere source de revenus du Chili. Bref, le pays veille sur celle-ci comme sur un tresor !
Sur les flancs de la ville, de gigantesques camions dechargent leurs tonnes de terre rouge, epuree - ou presque - de toute trace de cuivre. D'immenses terrasses ceinturent ainsi la petite ville miniere. L'interieur de la cite n'est qu'une suite de baraquements sordides dans lesquels vivent les mineurs et leurs familles. Manu et moi sacrifions a la spectaculaire photo aux cotes de l'immense camion gare devant la mairie, dont les roues atteignent plus de trois metres de diametre. Sur la photo, nous paraissons des fourmis !
Sur la route menant a Calama - la seule autoroute dans le coin - des alignements de prefabriques nous rappellent que toute la population de Chuquicamata est promptement invitee a demenager a Calama d'ici deux ans, depuis que l'on a localise l'extension du filon de cuivre a l'emplacement meme de la ville. La Codelco, entreprise encore nationale, regne en maitre sur le territoire... et me fait rememorer quelques souvenirs de mon etude des mineurs dans le Nord-Pas-de-Calais.