En arrivant dans la petite oasis, force est de constater que les choses ont un peu change ; comparant les quelques photos de paysage contenues dans l'album-photo au paysage actuel, les maisons semblent comme avoir perdu de leurs couleurs, la verdure presque disparu du paysage.
Au restaurant Le San Francisco, notre principal indice pour retrouver les gens presents sur les photos, nous faisons chou blanc. L'actuel gerant est bien le mari de la femme des photos, mais celle-ci est morte voici huit ans, et notre homme ne se souvient pas du passage d'Herve et Olivier. Il reconnait tout de meme l'ancien instituteur du village parti enseigner a Calama. Sur ses conseils, nous allons voir sa fille qui tient un petit restaurant a l'entree du village.

Chemin faisant, nous faisons mille detours pour retrouver les points de prise de vues de l'album, jeu auquel nos hotes, Marcello et Rosalio prennent part avec enthousiasme. Il est clair que la petite oasis a bien evolue : certains batiments se sont bien delabres, d'autres on ete refaits a neuf et pris des couleurs, les gros 4x4 americains et japonais se sont imposes, le desert, enfin, semble avoir gagne sur la verdure et l'exploitation agricole, ouvrant la voie a une desertification annoncee comme ineluctable, depuis que la mine voisine de Chuquicamata s'accapare la majorite des eaux de la region.

Au restaurant en question, c'est toute la famille qui se penche sur l'album photo, identifiant qui un voisin, qui un ami, qui une soeur, un frere, une mere... Et de chaudes larmes coulent sur les joues de la vieille femme lorsqu'elle reconnait sa mere defunte. D'une voix etranglee, elle remercie mille fois du fond du coeur les destinateurs et messagers de l'album et nous croyons comprendre qu'elle ne possedait pas de photo de sa mere. Nous ne saurons jamais si quelqu'un se souvient de la venue des "Jeunes Explorateurs" - Olivier et Herve - dans le village, mais une chose est sure, la venue de cet album-photo a vehicule beaucoup de souvenirs et d'emotion aujourd'hui.

Nous restons dejeuner et goutons a la fameuse pataska, sorte de ragout de pommes de terre aue les Atacamiens mangent lors des grandes fetes. Apres de chaleureuses embrassades, nous passons voir une lagune proche de l'oasis, etrange de par sa forme parfaitement ronde. Nous ne nous y baignerons pas ; il souffle un fort vent frais sur l'Atacama alors que le soleil se couche.

Le soir, nous dinons frugal. Il semblerait que les estomacs de nos hotes n'aient que tres moderement apprecie la soiree crepe de la veille.