Au programme, cinq heures de randonnee qui nous meneront des ruines de Quitor a la Vallee de la Mort en passant par le Tunnel - un ancien puit de mine - et une splendide corniche qui surplombe l'ensemble.

Cela fait des annees que nous n'avons pas pratique, et il nous faut retrouver les differentes postures a adopter en tant que cavalier en fonction de l'allure de la monture. D'autant que nos deux chevaux sont de temperamment forts differents ; celui de Manu tend a la paresse quand le mien n'a de cesse d'accelere afin d'etre le premier. Extremement nerveux, il ne supporte pas la contradiction et profite de mes revasseries pour diriger la randonnee comme il l'entend. De toute maniere, Paolo le rabat-joie stoppe net les vehelites de nos montures et fixe a notre grand regret l'allure : ce sera le pas sur la grande majorite du parcours.


A force de nous entendre hurler notre mecontentement, Paolo consent a quelques passages au trot, au galop et meme au double-galop dans les petits chemins de la sierra atacamienne et les dunes ensablees de la Vallee de la Mort. Au premier, Manu saute dans tous les sens et s'accroche comme il peut a sa selle ; au second, il perd un etrier et manque de tomber ; au troisieme, c'est son chapeau qu'il perd, mais bon, il a enfin la technique pour se maintenir a vive allure sur son noble destrier ! Quant a moi, je ne suis pas en reste ; quelques cabrioles de Granizado nous ont fait rentrer dans un rapport de force assez frontal, qui me faisait parfois douter de ma reelle maitrise de la bete.

Au coucher du soleil, ce sont trois gringos-caballeros qui armes de leurs sombreros, regagnent la paisible oasis de San Pedro de Atacama. Fourbus mais heureux, nos deux cavaliers d'un jour s'en vont se poser une derniere fois sur la place de l'Eglise. Les touristes de toutes nationalites continuent d'aller et venir, les chiens de errer en meutes et s'affronter au milieu des passants. Dans une heure, nous aurons quitte San Pedro.